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Les familles pionnières de Saint-Sauveur

Carte interactive

En 2023, le calendrier municipal de la Ville de Saint-Sauveur a fait rayonner une parcelle de son histoire en mettant en lumière 12 familles pionnières. Leur histoire, qui vous est ici racontée, est liée à la naissance même de Saint-Sauveur.

Fuyant la rébellion de 1837 et les terres surexploitées des villages des basses Laurentides, notamment Saint-Eustache, Sainte-Thérèse, Sainte-Scholastique et Saint-Janvier, les colons n’ont alors qu’un désir : devenir propriétaire d’un lopin de terre et prospérer dans un lieu de quiétude. Certains pionniers commencent alors à défricher le territoire et à s’y établir. Le village de Saint-Sauveur-des-Monts sera finalement fondé en 1855.

La Ville de Saint-Sauveur remercie la Société d’histoire de généalogie des Pays-d’en-Haut pour sa contribution.

Méthodologie

À l’occasion du 150e anniversaire de la paroisse de Saint-Sauveur en 2005, Lucien Galipeault, de la Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut (SHGPH), recensait, à partir du rôle d’évaluation rédigé lors de l’incorporation de la paroisse de Saint-Sauveur en 1855, 93 colons et leurs épouses, ainsi que les lots qui leur ont été attribués.

Cette liste apparaît dans le livre Saint-Sauveur : Son histoire, notre patrimoine, rédigé par Lorraine Dagenais en collaboration avec Carmelle Huppé. Cette publication, éditée par la SHGPH pour une première fois en 2019, a connu un très grand succès et en est d’ailleurs à sa 2e réédition.

Un peu plus du tiers de ces familles pionnières comptent une descendance habitant toujours la région. 

Famille Alary

Louis Alary (1818-1911)

Louis Alary épouse Cécile Imbault, dite Mantha, le 20 juin 1841 à Saint-Jérôme. Le couple s’établit en 1860 sur le lot 23 sur la côte Saint-Lambert nord-ouest, identifié comme le lot 301 du cadastre de la municipalité de Saint-Sauveur en 1880. Louis Alary y construit une maison pièce sur pièce, équarrie à la hache, qui abritera le couple et ses 12 enfants.

En 1864, Louis Alary est élu comme conseiller municipal aux côtés de William Henry Scott, premier maire de Saint-Sauveur.

Il achète en 1884 le lot 470, situé dans la concession de la côte Saint-Gabriel, contiguë à sa terre du Lac des Becs-Scie.

Louis Alary décède le 21 mai 1911.

Louison Alary (1857-1928)

Louison Alary naît le 26 septembre 1857 à Saint-Janvier. Son père lui cède en 1887 la maison ancestrale et la terre sur la côte Saint-Lambert, ainsi que le lot 470 situé près du Lac des Chats. En 1889, il épouse Léa Aubry, fille de Stanislas Aubry et Marcelline Meloche, pionniers du village de Saint-Sauveur.

Léa décède en 1902 en lui laissant 7 enfants. Il se remarie en 1913 avec Mérilda Piché et ils auront 3 enfants qui fréquenteront l’école du Grand-Ruisseau.

Louison Alary décède le 1er avril 1928.

Zénon Alary (1894-1974)

Troisième enfant de Louison Alary et de Léa Aubry, Zénon naît le 9 octobre 1894. Il quitte la maison pour travailler sur les chantiers tout en poursuivant ses études à l’École du meuble situé dans les locaux du Monument-National de Montréal, où il se perfectionne en modelage et en sculpture. Il épouse Antoinette Desmarais en 1908.

Zénon Alary participe à de nombreuses expositions aux côtés d’illustres sculpteurs avant de décéder en 1974.

Son nom figure aujourd’hui dans le Dictionnaire historique de la sculpture québécoise au XXe siècle, et le Musée Zénon-Alary, situé dans le secteur Mont-Rolland à Sainte-Adèle, regroupe plus de 300 de ses œuvres.

La vieille maison pièce sur pièce, bâtie par Louis Alary, marque toujours le paysage du Lac des Becs-Scie. Elle a été rachetée en 1928 par le docteur Joseph-Octave Lapointe, maire de la municipalité en 1944 et 1945. Charles Drevet acquiert finalement le bâtiment en 1953.

 Plusieurs éléments d’origine demeurent conservés, dont le toit à deux versants avec larmier, la grande lucarne rampante et les contrevents. À l’arrière de la maison, on retrouve encore le puits à margelle surplombé d’un petit toit[1]. Le projet de restauration entrepris par les Drevet respecte l’esprit de cette maison traditionnelle québécoise.


[1] Drevet, Michèle, « Première maison de ferme du Lac des Becs-Scie -patrimoine architectural », La Mémoire, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, no 150, printemps 2019.


Famille Aubry

Stanislas Aubry, père (1825-1902)

Le premier Aubry à s’installer à Saint-Sauveur est Stanislas, fils de Louis Aubry (1796-1861) et de Pélagie Lemay (1800-1868). Il naît à Saint-Vincent-de-Paul, à Laval, en 1825. Il épouse le 30 janvier 1844 Marceline Meloche qui lui donne 16 enfants, et le couple s’établit sur le lot no 20, dans la concession nord-ouest de la côte Saint-Lambert. Il acquerra plus tard un autre lot au village, situé aujourd’hui au 315, rue Principale, et ajoute à sa maison une boutique pour y pratiquer la tannerie.

Stanislas Aubry, fils (1846-1912)

Stanislas Aubry fils naît le 18 février 1846 à Saint-Hermas (Mirabel). Il épouse Margaret Moore, fille de Thomas Moore et de Marguerite Garrow, tous deux venus d’Irlande, le 8 février 1877, à la chapelle de Saint-Sauveur. Ils auront 8 enfants[1].

Marcelline Aubry (1844-1922) et Narcisse Chartier (1835-1916)

La fille de Stanislas fils et Margaret, Marcelline, née en 1844, épouse Narcisse Chartier, pionnier de Saint-Sauveur. À son mariage, Narcisse est déjà père de 10 enfants d’un précédent mariage. Avec Marcelline, il en aura 8 autres, dont Adélard, maître boucher à Saint-Sauveur.

Une autre de ses filles, Joséphine, se marie avec François-Xavier Cloutier, marchand général et maire de Saint-Sauveur de 1885 à 1921. Ils auront 17 enfants.

Sarah Aubry (1866-1922) et Louis-Napoléon Ratelle (1861-1938)

En 1887, Stanislas Aubry fils vend un lot situé au village, au 255, rue Principale à son beau-frère, le forgeron Louis-Napoléon Ratelle. Dans cette maison, Louis-Napoléon et Sarah ont 12 enfants. La maison demeurera dans la famille jusqu’en 1970.

Léa Aubry (1863-1902) et Louison Alary (1857-1928)

Léa épouse en 1889 Louis (nommé Louison) Alary et ils auront 10 enfants, dont le sculpteur de renom Zénon Alary.

Maison du 315, rue Principale

La maison a conservé plusieurs éléments d’origine dont son parement de lattes de bois posées à l’horizontale, la symétrie des ouvertures, l’imposte vitrée au-dessus de la porte principale et son grand fronton emprunté au néo-gothique. Nous ignorons à quelle époque l’ajout de forme cubique, à toit plat, de style « boomtown » a été ajouté.

En 1976, Michel Bigué achète le bâtiment pour en faire une galerie d’art. Plusieurs éléments sont toujours en place, dont la toiture à tôle pincée, les fenêtres à guillotine, les persiennes, le lambrequin installé dans le pignon du fronton en façade. Le 10 octobre 2021, le bâtiment retrouve sa vocation résidentielle.


[1] Joncas, André, « Un mot d’histoire Aubry », Les cahiers d’histoire des Pays-d’en-Haut, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, no 71, automne 1996, p. 23.

Famille Beaulieu

Louis Beaulieu père (1799-1857)

Louis Beaulieu père et Marie Lecours-Beauséjour (1797-1866) se marient en 1820 et s’établissent sur le lot numéro 57 de la concession sud-est de la Rivière-du-Nord.

Louis Beaulieu fils (1823-1887)

Louis Beaulieu fils acquiert en 1855 le lot numéro 46, dans la concession de la Rivière-du-Nord. Il épouse en 1846 Catherine Corbeil. Lors de la construction de la première chapelle de la mission de la Circoncision de Saint-Sauveur, il est nommé membre du syndic des marguilliers, chargé de surveiller sa construction. L’entité de la paroisse qui prendra le nom de Saint-Sauveur ne sera reconnue que le 25 novembre 1850.

Le 6 août 1855, Louis Beaulieu est présent lors de la première rencontre du conseil de la municipalité de Saint-Sauveur. De concert avec Pierre Forget et Godfroy Demers, il rédigera le premier rôle d’évaluation de la nouvelle municipalité.

Il décède le 1er février 1887.

Camille Beaulieu[1] (1858-1928)

Le fils de Louis, Camille, épouse en 1885 Rachel Filiatrault (1867-1940), fille du pionnier Paul Filiatrault.

Camille Beaulieu est élu conseiller municipal aux côtés du maire William Henry Scott, et possède un petit hôtel situé au 200, rue Principale, à Saint-Sauveur. Le petit hôtel, converti en école, est dirigé par les Filles de la Sagesse. L’école réputée du duc Dimitri de Leuchtenberg et de la duchesse y prend place jusqu’en 1977, puis le bâtiment est acquis par le propriétaire du restaurant La Soupière de Saint-Adolphe-d’Howard, qui lui donne le nom du Duché.

L’immeuble est rasé par les flammes en 1981[2].

L’ancien hôtel de ville (195 rue Principale)

Apprenant que le conseil municipal cherche un local pour tenir ses assemblées du conseil, Édouard Charbonneau offre sa maison située au cœur du village. En 1890, le maire de la municipalité-paroisse, M. François-Xavier Cloutier, acquiert le bâtiment et y tient les séances du conseil municipal.

C’est d’ailleurs dans cet immeuble, le 23 septembre 1923, que l’équipe du maire Charles Aubry entérine le démembrement de son territoire afin que la Corporation de Piedmont devienne une municipalité à part entière. Un second démembrement y est entériné à l’automne 1926, alors que la Corporation du village de Saint-Sauveur, dirigée par Joseph Chevalier, se détache de celle de la municipalité-paroisse. Les deux entités deviennent co-propriétaires du bâtiment, qui leur sert dorénavant conjointement d’hôtel de ville. Leur cohabitation prend fin en 1951 lorsque la municipalité-village inaugure son nouvel emplacement sur la rue Filion.

Des travaux sur la façade extérieure sont réalisés en 1973, puis le bâtiment est vendu en 1980. La petite maison a bien changé et différents commerces s’y sont succédé depuis.


[1] La galerie des maires William-Henry Scott, (1855-1862 et 1864 à 1866), La Mémoire de la Vallée de Saint-Sauveur, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, no 79, été 1999.

[2] « Le 200 rue Principale », La Mémoire de la Vallée de Saint-Sauveur, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, no 82, printemps 2000.


Famille Bélanger

Lambert Bélanger (1825-1897)

Lambert Bélanger achète d’abord en 1848 le lot numéro 38 et la concession du Grand-Ruisseau, dans la partie sud-est de la côte Saint-Gabriel. Puis, il se porte acquéreur du lot 39. Il emménage ensuite à Saint-Sauveur avec sa femme Olivine Beauchamp (1824-1906), et ouvre une ferme laitière qui connaît un tel succès qu’en 1894, il reçoit des mains du commissaire des Travaux publics, Guillaume-Alphonse Nantel, un certificat de mérite pour ses performances à la foire agricole de Sainte-Agathe[1].

Grégoire Bélanger (1850-1932)

Son fils Grégoire épouse, en 1876, Denise Bélisle[2] (1857-1919), fille de Joseph Bélisle, premier maire et prospère homme d’affaires de Sainte-Agathe-des-Monts, et de Julie Sentenne. Ils auront sept enfants.

Grégoire reprend les rênes de la ferme laitière familiale en y ajoutant une fromagerie. Lors d’une tournée agricole en 1902, le député provincial Jean Prévost visite la ferme de M. Bélanger et constate que l’établissement des Bélanger est muni d’équipements modernes, dont une chambre de maturation, pour laquelle M. Prévost promet de lui accorder une subvention gouvernementale[3]. Cette subvention, au montant de 50 $, arrivera deux ans plus tard. Grégoire Bélanger ferme sa beurrerie de Saint-Sauveur en 1934, faute de crème.

Leur fils Charles occupera la fonction de maître-boucher à Saint-Sauveur.


[1]« Les lauréats agricoles à Ste-Agathe », La Minerve, Montréal, 24 juillet 1894.

[2] Grégoire Bélanger épouse Denise Bélisle et non Herméline Beaulieu, tel qu’indiqué dans le calendrier de la municipalité de Saint-Sauveur 2023.

[3] « La tournée agricole de M. Jean Prévost », L’Avenir du Nord, Saint-Jérôme, 4 septembre 1902.

Famille Charrette

Benjamin Charrette (1834-1884)

Benjamin Charrette quitte Sainte-Agathe pour s’établir sur une parcelle de la terre numéro 29, dans la concession de la côte Saint-Gabriel. En 1849, il épouse Marcelline Michaudville (1826-1907), avec qui il aura 16 enfants. Il occupe le poste de conseiller municipal de 1876 à 1879.

Jean-Baptiste Charrette

Leur dixième enfant, Jean-Baptiste Charrette, né en 1860, suit les traces de son père et devient cultivateur. Il se révèle un important producteur de sarrasin, dans le rang du lac Morin et en 1885, il épouse Vitaline Charbonneau. En 1933, Damien Trottier, Hormidas Filion et Jean-Baptiste Charrette vendent les lots 250 à 255 à Victor Nymark, à qui l’on doit notamment la construction du château Montebello. Ces lots deviendront plus tard les pentes de ski 70 et 71 du Sommet Saint-Sauveur.

Arthur Charrette

Le ski étant florissant dans la région, Arthur, fils de Jean-Baptiste Charrette, transporte en carriole les skieurs de la gare vers les pentes. En 1938, le Club de ski de l’Université de Montréal loue un chalet situé sur le chemin du Lac-Millette, entre le village et les côtes 70 et 71, dont Arthur Charrette assume la surveillance. Ce chalet est occupé en saison estivale par la famille de Monseigneur Irénée Lussier, chancelier de l’Université de Montréal. 

En 1933, Victor Nymark agrandit son territoire et fait l’acquisition des terres d’Arthur Charrette[1], qui deviendront en grande partie les pistes 70 et 71. 

Le 12 octobre 1954, l’administration de l’Association générale des étudiants de l’Université de Montréal (AGEUM) procède à l’acquisition du chalet de ski que les étudiants fréquentaient depuis plusieurs années. 

Lucien Charrette 

Fils d’Arthur Charrette, Lucien naît en 1919. Il épouse Lucille Lavallée, avec qui il gérera le populaire restaurant La vache qui rit, situé au bas de la pente 69 au Sommet Saint-Sauveur. 


[1] Dagenais, Lorraine, « Saint-Sauveur Son histoire, notre patrimoine », Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, 2019, p. 112-113.



Famille Charron

Simon Charron (1793-1867)

Simon Charron épouse Geneviève Chartrand en 1815, à la paroisse de Saint-Vincent-de-Paul, à Laval. Le couple vient s’établir, autour de 1820, sur le lot numéro 26, dans la concession nord-ouest de la côte Saint-Lambert, avec leurs premiers enfants.

En 1850, en présence du notaire Joseph Filiatrault et des syndics chargés de la mission de la Circoncision (devenue la paroisse Saint-Sauveur), il s’engage à ériger, selon les plans présentés, une chapelle[1]. L’année suivante, on lui octroie la construction d’une sacristie attenante à la chapelle.

Il décède le 7 mars 1867.

Christine Charron (1825-1888)

Leur fille Christine, née en 1825 à Saint-Sauveur, épouse, en 1849, Louis Aubry fils, de Louis Aubry père, tanneur de métier, qui habite sur le lot numéro 23, de la côte Saint-Lambert. Ils auront 15 enfants.

Olivier Charron (1830-1902)

Fils de Simon Charron, Olivier naît à Saint-Vincent-de-Paul, à Laval, le 4 novembre 1830. Il épouse Arthémise Bouchard en 1851, puis en 1887, devient propriétaire du lot numéro 280, situé au lac Kanawana.

Il décède à l’âge de 72 ans le 15 novembre 1902.

Charles Charron (1834-1881)

Frère d’Olivier Charron, Charles naît le 27 octobre 1834 à Saint-Vincent-de-Paul, à Laval. Il épouse en 1853 Marie-Narcisse Tougas (1836-1896), de Sainte-Adèle, puis hérite du lot paternel de 60 arpents. D’abord commis-voyageur, il est inscrit au recensement de 1871 en tant que menuisier. C’est d’ailleurs lui qui construit sa maison sur la terre paternelle, sur la rue Principale.

La maison de la rue Principale

Cette maison a été démontée pièce par pièce et reconstruite sur la rue Principale autour de 1920. Elle appartient alors à Omer Charron, fils de Charles Charron et de Domithilde Goyer. À la même époque, la sœur d’Omer, Florida, se marie avec le cordonnier Élie (Élias) Gagnon[2], et s’installe dans la maison familiale. Elle y demeurera jusqu’à ses 92 ans, puis décède en 1993, à l’âge de 104 ans.

Depuis 1983, différents propriétaires s’y sont succédés, de même que les transformations. On retire l’escalier, les cloisons, puis le plafond pour révéler les poutres qui soutiennent la maison. Aujourd’hui, le bâtiment n’a aucune vocation.


[1] Galipeau, Lucien, « Généalogie des Pionniers », La Mémoire, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, no 105, 2007, p. 21.

[2] Dumas, Jacqueline, « Encore belle aujourd’hui », La Mémoire, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut no 105, 2007, p. 3 à 5.

Famille Filiatrault

Pierre Filiatrault père (1803-1874)

Pierre Filiatrault père épouse Émilie Gratton le 1er août 1831, à Sainte-Thérèse. Ils obtiennent les lots 35 et 37 sur la côte Saint-Lambert, où ils auront plusieurs enfants, dont Pierre, né en 1832, et Joseph, né en 1848.

Pierre Filiatrault fils (1832-1915)

Leur fils ainé, Pierre, épouse Émilie Alary, native de Saint-Sauveur et fille de Louis Alary (1818-1911) et de Cécile Imbault, dite Mantha. Le couple s’installe sur les lots 306 et 307 près de la côte Saint-Lambert au lac Prévost, où ils auront 12 enfants.

Pierre Filiatrault fils est élu conseiller municipal de 1870 à 1874 et de 1877 à 1896, avant de décéder en 1915.

Les enfants de Pierre fils et d’Émilie

Les enfants de Pierre et d’Émilie uniront leurs destinées à celles des Forget :

  • Ovide Filiatrault, né en 1866, épouse en 1897 Azilda Forget, fille de Toussaint Forget et d’Arthémise Bellec.
  • Mélina Filiatrault, née en 1876, épouse Adonias Forget en 1897.
  • Rodrigue Filiatrault, né en 1880, et frère d’Ovide, épouse Florida Forget, une autre fille de Toussaint Forget et d’Arthémise Bellec.

Un monseigneur dans la famille

Mgr Louis Forget (1915-2012) est le 13e et dernier enfant de Mélina Filiatrault et d’Adonias Forget. Ordonné prêtre en 1940, il est le premier né à Saint-Sauveur à être érigé au rang de monseigneur. Après avoir été curé à Val-Barrette de 1963 à 1965 et à Val-David de 1965 à 1970 en plus d’occuper durant cette même période le poste de directeur de la pastorale de la Commission scolaire des Laurentides, il obtient la cure de la paroisse de Sainte-Agathe en 1970 jusqu’en 1982. Il demeure co-responsable de cette paroisse jusqu’à sa retraite en 1991.

Famille Filion

Paul Filion (1816-1873)

Établi depuis 1848 sur le lot no 48 de la montée Saint-Elmire, Paul Filion possède une terre de 60 arpents, près du lac Millette, où il vit avec sa femme Marguerite McCaslan (1812-1862), originaire d’Irlande[1].

Au cours de sa vie, il achète des terrains près du lac Paquet ainsi que 128 arpents sur la côte Saint-Godefroy, qu’il cèdera éventuellement à son fils Hormidas.

Louis Filion

Leur fils, Louis Filion, naît en 1848 au moment où la famille s’établit sur le lot de 60 arpents. Il épouse Adéline Gratton (1836-1918), de Saint-Adolphe-d’Howard, puis s’oriente vers le commerce des terres, en effectuant l’acquisition et la vente de lots dans la montée Saint-Elmire, la côte Godefroy et ailleurs à Saint-Sauveur.

Hormidas Filion (1878-1956)

Hormidas Filion, fils de Louis Filion et d’Adéline Gratton naît en 1878 sur la ferme familiale. Il épouse, en 1902, Laura Fournel, avec qui il aura 16 enfants. En 1893, Hormidas Filion vend à l’entrepreneur Victor Nymark, à qui l’on doit notamment la construction de château Montebello, un lot qu’il développera pour en faire des pistes de ski avec remontées mécaniques. Ce sont aujourd’hui les pistes 70 et 71 du Sommet Saint-Sauveur.

Joseph-Albert-Albany Filion

Joseph-Albert-Albany Filion, tout comme ses frères et sœurs, naît dans la maison familiale sur la montée Saint-Elmire. En 1934, il épouse Juliette Forget (1911-2005), fille d’Adonias Forget et de Mélina Filiatrault, deux familles pionnières de Saint-Sauveur. Il acquiert par la suite sa propre ferme près de la Rivière-à-Simon, et est élu au conseil municipal de 1950 à 1955.

Georges Filion (1939-2007)

Fils de Joseph-Albert-Albany Filion et de Juliette Forget, Georges Filion se révèle un habile entrepreneur, et met son talent à profit en construisant des maisons. De 1965 à 1968, il est nommé conseiller municipal du village de Saint-Sauveur, puis élu maire en 1973, à l’âge de 34 ans. Il occupe ce poste jusqu’en 1993, puis de nouveau de 1996 à 2002.

Il est l’un des principaux artisans de la fusion du Village et de la Paroisse, en 2002. Il poursuit son mandat jusqu’en 2005.

Georges Filion participe également à la mise en place de la municipalité régionale de comté (MRC) des Pays-d’en-Haut, dont il sera le préfet pendant dix ans.

Pendant plus de trente ans, il aura contribué à l’expansion de Saint-Sauveur pour faire reconnaitre sa vocation commerciale et touristique, tout en poursuivant l’intégration du paysage bâti à l’architecture patrimoniale[2].

Le parc Georges-Filion, situé en plein cœur du centre-ville de Saint-Sauveur, a été nommé en son honneur.

Maison de la montée Saint-Elmire

La maison pièce sur pièce construite par Paul Filion, située au 637 sur la montée Saint-Elmire, existe toujours et a conservé pratiquement tous ses éléments d’origine.


[1] Dagenais, Lorraine, « Saint-Sauveur, son histoire, notre patrimoine », Société d‘histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, 2019.

[2] Painchaud-Francoeur, Mimi, « Georges Filion », Les figures marquantes des Pays-d’en-Haut, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut 2023.

Famille Gauvreau

Les Gauvreau ont marqué l’histoire de Saint-Sauveur[1].

François Gauvreau

Au tout début de Saint-Sauveur, avant même la création de la paroisse, François Gauvreau s’établit dans la côte Saint-Lambert avec son épouse Scholastique Benêche Lavictoire qu’il a épousée le 7 septembre 1844. Il est alors engagé comme bedeau, avec un salaire annuel en 1854 de 1 louis ou 10 sols ou sa valeur en grain qui, dans tous les cas, est payé par chaque propriétaire de la paroisse, tous les ans vers la fête de Noël[2].

Scholastique décède en mettant au monde son quatrième enfant, nommé Candide. François Gauvreau se remarie avec Philomène Legault, puis se réoriente en cordonnerie.

Camille Gauvreau (1848-1929)

Camille Gauvreau est le petit-fils de François Gauvreau. Il épouse Olive Millette (1851-1912) en 1870 et le couple habite le bas de la côte (aujourd’hui Piedmont) pendant quelques années. Par la suite, il cède la terre à son fils et achète du notaire J.-A. Malo la propriété portant le numéro 380-P (aujourd’hui le 7, avenue de l’Église). Il installe sa famille dans une partie de la maison et ouvre une boulangerie dans l’autre. En 1897, il devient le premier boulanger du village de Saint-Sauveur. Au décès de sa femme, il revend son commerce à son apprenti, Édouard Pagé, en 1912. Aujourd’hui, la Boulangerie Pagé est toujours en activité à Saint-Sauveur.

Joseph-Télesphore Gauvreau

Joseph-Télesphore, naît sur la terre numéro 45. Après ses études à la petite école, il travaille avec son père dans la boulangerie de Saint-Sauveur. C’est là qu’il fait la connaissance de Marie-Laure Clouthier (1880-1964), fille de François-Xavier Clouthier, maire et propriétaire du magasin général, situé à l’époque au 235, rue Principale. Joseph-Télesphore acquiert en 1902 l’hôtel central, situé au 230, rue Principale, avant de reprendre le magasin général de son beau-père le 13 avril 1908.

Dans les années 1940, Joseph-Télesphore Gauvreau vend le magasin général à J. Stanislas Bélisle, le dernier à avoir tenu un magasin général à Saint-Sauveur. Au décès de ses parents, Marie-Laure et sa sœur Yvette héritent de la maison victorienne que son père a fait bâtir en 1905 au 231, rue Principale. Au décès de Marie-Laure, Joseph-Télesphore rachète la part d’Yvette et continue d’habiter la maison jusqu’en 1965. Il décède en mai 1967, sans héritier.

L’ancien magasin général

Le magasin général a été acquis en 1936 par J.-Stanislas Bélisle et son épouse, Yvonne Hotte. Les années passent et le commerce est transformé en restaurant, baptisé Bentley’s, puis La Folie, avant d’être la proie des flammes en août 2021. Situé à l’angle de la rue Principale et du chemin de la Gare, le site cherche une nouvelle fonction depuis.


[1] « Les Gauvreau, plus de 100 ans de présence dans la vallée de Saint-Sauveur », La Mémoire des Pays-d’en-Haut, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, no 85, été 2001.

[2] Album souvenir Centenaire de Saint-Sauveur-des-Monts 1853-1953, p. 26.

Famille Léonard

Émery Léonard (1811-1883)

Émery Léonard acquiert les lots numéro 40 et 41, dans la concession de la côte Saint-Lambert, dans la partie nord-ouest. Après avoir construit sa maison, il retourne à Sainte-Thérèse chercher sa femme Adelaide Gratton et leurs enfants. 

Leur fils aîné, André, né en 1838, épouse Émilie Desjardins en 1863, fille de Jean-Baptiste Desjardins et d’Émilie Marcotte, propriétaires des lots 226, 228 et 231 sur la côte Saint-Elmire.

Vital Léonard (1839-1923)

Le second enfant du couple s’établit dans la concession de la côte Sainte-Elmire avec sa femme Marguerite Millette. Vital travaille sur les chantiers et collabore à la construction de l’église Notre-Dame-de-Montréal[1]. Ils s’établissent sur un lot près du lac Morin, au sommet de la côte 70, où ils auront 9 enfants, dont une fille, Marguerite, qui épousera Hormidas Filion.

Joseph-Vital Léonard (1868-1969)

Joseph-Vital Léonard naît en 1868 à Saint-Sauveur. Son père Vital lui lègue sa terre, située près du lac Morin, au sommet de la côte 70, et en 1902, épouse Léonie Pagé (1882-1941), fille de Magloire Pagé (1826-1901), pionnier de Saint-Sauveur.

Sa fille Gabrielle Léonard épouse Lionel Guénette, menuisier et propriétaire d’un moulin à Piedmont. 

Télesphore Léonard (1908-1997)

Télesphore naît en avril 1908. Il fréquente l’école du Grand-Ruisseau puis, très vite, comme tous les jeunes de son âge, il travaille sur les chantiers. Auguste Dionne, résident du lac Millette, remarque l’ardeur au travail du jeune homme et lui offre un emploi dans son commerce, à Montréal, au tarif de 2,50 $ par semaine. Il occupe d’abord un emploi de commis, puis de boucher et, finalement, de gérant. Douze ans plus tard, il achète la Maison Dionne & Sons. En 1935, il épouse Marguerite Amyot et revient à Saint-Sauveur pour y ouvrir, rue de la Gare, son épicerie. Pour conserver ses aliments, il taille sa glace à même le lac Turcot.

Télesphore Léonard commence à offrir la livraison à domicile à ses clients en cheval et en carriole puis, en 1943, il fait l’acquisition d’une camionnette Ford. Le commerce prospère. En 1963, son commerce devient une franchise « Métro ». Pendant 34 ans, le marché Léonard a pignon sur rue au 21, avenue de la Gare. Une partie de l’épicerie est détruite par un incendie dans les années 1980, et fait place au restaurant Moe’s. 

Cécile Léonard (1915-2009) et Hervé de Bassecourt (1915-1999)

Fille de Joseph-Vital Léonard, Cécile naît en 1915 et épouse Hervé de Bassecourt en 1945. Hervé et son frère Ghislain acquièrent une expertise en mécanique automobile et en machinerie lourde et exploitent un garage situé derrière la maison, sur la rue Principale. Dès la fin des années 1930, ils s’intéressent aux remontées mécaniques pour accommoder les skieurs et deviendront les créateurs du « ski-tow » de la côte 67. Paul de Bassecourt, fils d’Hervé, devient propriétaire du garage de mécanique automobile avant de le léguer à son tour à son fils, Charles[2].


[1] Lacasse, Cyprien, « Souvenirs de M. Télesphore Léonard », Société d’histoire et de généalogie des Pays-d'en-Haut, no 8, hiver 1980, p. 13.

[2] Miron. Robert, « Hervé de Bassecourt Entrepreneur multigénération à Saint-Sauveur », Les figures marquantes des Pays-d’en-Haut, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, 2023.



Famille Pagé

Télesphore Pagé et Claire-Ida Dagenais

Magloire Pagé père (1826-1901)

Magloire Pagé fait partie de la 10e génération de Pagé, arrivés de Nouvelle-France. Magloire épouse Adéline Beauchamp (1830-1898), le 28 juillet 1851, à Saint-Jérôme. Au recensement de 1885, le couple est inscrit comme propriétaire du lot numéro 43, dans la concession de la côte Saint-Elmire.

Magloire Pagé fils (1853-1946)

Le fils du couple, aussi prénommé Magloire, naît à Saint-Sauveur en 1853. Il acquiert la terre paternelle en 1874, soit un an avant son mariage avec Olivine Desjardins (1852-1904), célébré le 3 août 1875.

Télesphore Pagé (1895-1961)

Télesphore, fils cadet de Magloire, se marie le 27 mai 1925[1], hérite de la terre familiale et s’y installe avec sa femme, Clarilda Dagenais (1901-1995).

La maison Pagé, 777, rue Principale

Mickey Stein et sa femme Sheila Joan Vineberg emménagent en 1957 dans la vieille maison de ferme de ferme des Pagé à Saint-Sauveur, qui fait face aux magnifiques montagnes.

Avec Stanley et Stephen Vineberg, Mickey Stein acquiert le site et engage Sel Hannah, ingénieur et concepteur de stations de ski, pour dessiner un parcours dans la montagne. Philippe Desjardins assure la direction de l’aménagement et Roland Forget dirige les travaux de construction. À l’aide de deux bulldozers et d’un peu de dynamite, le parcours skiable est modulé. En 1959, le Sommet du Mont Habitant est né.

 Carmelle et Andrée Huppé rachètent en 1989 la maison de Mickey Stein et convertissent le lieu en auberge, qu’ils baptisent Sous l’édredon. Le bâtiment a été vendu et agrandi depuis et porte aujourd’hui le nom d’Auberge 777.


[1] Hommage à Télesphore Pagé, La Mémoire de la Vallée de Saint-Sauveur, bulletin de la SHPH, no 81, hiver 1999.

Famille Paquette

Raphaël Paquette père (1809-1888)

Raphaël Paquette père épouse Rosalie Gauthier-Larouche (1809-1895) en 1828. Ils auront 18 enfants, dont 5 seulement atteindront l’âge adulte. Raphaël Paquette obtient sa concession de Virginie Lambert Dumont.

Le 3 août 1853, monseigneur Ignace Bourget, chargé de l’organisation du territoire pour l’Église catholique, nomme Julien Gédéon Watier au poste de curé de la nouvelle paroisse de Saint-Sauveur. Raphaël Paquette, homme influent au village, est élu au poste de marguillier[1].

En 1855, les cultivateurs Raphaël Paquette, père et fils, sont inscrits au premier rôle d’évaluation de la municipalité nouvellement créée. Ils habitent la terre numéro 14 sur la Rivière-à-Simon[2].

Raphaël Paquette fils (1830-1894)

Raphaël fils épouse Marguerite Villiot, dite Latour, en 1852 à l’église de Saint-Jérôme, avec qui il aura 11 enfants. Elle est la fille de Jean-Baptiste Villiot, dit Latour, et de Marie Bernard. Raphaël acquiert en 1883 le lot numéro 377 sur l’avenue de l’Église, autrefois appelée la montée du Village.

Édouard Paquette

Édouard, fils de Marguerite et de Raphaël Paquette fils, naît le 31 décembre 1853 à Saint-Sauveur. Il se marie en 1879 avec Palmyre Guindon, à Sainte-Agathe. Il s’établit au Lac-des-Écorces, devenant l’un des premiers résidents de ce village.


[1] Painchaud Francoeur, Mimi, « Julien Gédéon Watier, Premier curé de la paroisse de Saint-Sauveur-des-Monts (1853-56) », Les figures marquantes des Pays-d’en-Haut 2023.

[2] Paquette, Rachel, « Raphaël Paquet(te) Pionnier de Saint-Sauveur méconnu? Oublié? », La Mémoire, Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, printemps 2018, no 146, p. 6-7.